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Septembre 2012 (Mise à jour: Mai 2014)

Les objets personnels: le reflet de notre identité


Les objets que nous possédons reflète notre identité et sont des extensions de nous-même. C'est pourquoi nous avons tendance à les surestimer.Le sens de la propriété semble être une caractéristique de l'espèce humaine et apparaît très tôt chez l'enfant. En effet, dès le plus jeune âge, les enfants tendent à s'attacher à des objets réconfortants (les doudous) qu'ils considèrent comme uniques et irremplaçables. En somme, ils traitent ces objets comme des extensions d'eux-mêmes: ces objets font partie de leur identité, ce qui explique pourquoi leur perte tourne facilement au drame.


L'attachement aux biens matériels perdure-t-il avec l'âge?

Même si, à l'âge adulte, les objets auxquels nous nous attachons n'ont plus vraiment de fonction réconfortante, ils continuent néanmoins à contribuer à notre identité et à nos préférences. Par exemple, certains consommateurs s'identifient à des marques qui mettent en avant des qualités avec lesquelles ils souhaitent être associés. Bref, tout comme les enfants, nous continuons à l'âge adulte, à être ce que nous possédons et nous sommes presque aussi désemparés lorsque nous perdons un bien avec lequel nous avons établi un lien émotionnel.

D'ailleurs, des psychologues ont montré que l'émotion ressentie suite à la perte d'un objet est plus intense que celle ressentie à l’acquisition d'un nouveau bien. En somme, nous manifestons une véritable aversion pour la dépossession. Cette aversion explique notamment notre tendance à surestimer ce qui nous appartient. C'est ce que l'on appelle l'effet de dotation.


Cet attachement aux objets est-il universel?

Il semblerait que non, ou en tout cas, pas tout à fait... En effet, la valeur conférée aux biens matériels varierait d'une culture à l'autre et serait particulièrement marquée dans les sociétés occidentales, plus individualistes. Par exemple, certaines populations africaines ou asiatiques se focalisent davantage sur les objets échangés et partagés par leur communauté que sur leurs biens personnels.

Ces différentes attitudes envers la possession des objets serait donc nettement influencées par la façon dont la société considère une personne: si la personne est considérée avant tout comme un membre de la communauté, son attachement aux objets sera moindre; en revanche, si la personne est considérée avant tout comme un individu, son attachement aux biens matériels sera plus fort.


Inspiré des travaux Bruce Hood.



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