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Mars 2012 (Mise à jour: Août 2015)

Dépersonnalisation-déréalisation : un syndrome peu connu


Le syndrome de dépersonalisation et de déréalisation se caractérise par un sentiment d'étrangeté, que ce soit par rapport à soi-même ou par rapport à son environnement.Un épisode de dépersonnalisation-déréalisation se caractérise par la sensation d'être étranger à soi-même et l'impression que l'environnement dans lequel on se trouve est irréel, comme si l'on vivait dans un rêve ou que l'on jouait dans un film.
De tels épisodes de dépersonnalisation et de déréalisation sont assez communs. En effet, nous vivons tous à un moment ou à un autre ce type de sensation d'étrangeté, notamment lorsque nous sommes stressés, épuisés, effrayés... mais aussi lorsque nous avons le sentiment d'être dépassés par un événement ou d'être forcés à faire des choses à notre encontre, ou encore lorsque nous nous trouvons parmi des personnes avec lesquelles nous n'avons aucune affinité.

Un tel état de conscience dure généralement quelques secondes voire quelques minutes. Toutefois, chez certaines personnes, ce sentiment d'étrangeté dure des semaines, des mois, voire des années. Dans ce cas, il s'agit d'un syndrome de dépersonnalisation-déréalisation.


Quels sont les symptômes qui caractérisent ce trouble?

Tout d'abord, il est important de souligner que ce trouble de la dépersonnalisation apparaît généralement vers l'âge de 16 ans et le plus souvent de façon très soudaine. La dépersonnalisation et déréalisation se manifestent par:

  • Une sensation persistante ou récurrente d'être détaché de ses propres processus mentaux ou de son corps, ou encore d'être un observateur extérieur.
  • Un contrôle de la réalité qui reste intact durant l'expérience de dépersonnalisation: ce n'est pas une perte du sentiment de réalité comme dans une psychose, mais plus un sentiment de "comme si". Par exemple, les personnes souffrant de ce syndrome rapportent souvent "tout semble irréel, c'est comme si je jouais dans un film", tandis que les patients psychotiques en seraient convaincus.
  • Des souffrances ou des handicaps dans tous les domaines socioprofessionnels.
  • Une absence d'autres maladies telles que la schizophrénie, les troubles paniques, une épilepsie... En somme, étant un trouble mental, cette sensation de dépersonnalisation ne pas être le symptôme d'une autre maladie.

Les personnes atteintes du syndrome de dépersonnalisation-déréalisation ont souvent peur de perdre le contrôle d'elles-mêmes, elles ont peur de devenir folles. En outre, ces individus souffrent généralement d'un sentiment d'incompréhension et finissent par ne plus parler de leur souffrance.


Quelles sont les causes du syndrome de dépersonnalisation-déréalisation?

En raison de la relative méconnaissance de ce syndrome, les facteurs déclencheurs sont encore mal déterminés. Toutefois, quelques indices ont été relevés. Par exemple, la majorité des personnes atteintes de ce trouble étaient, dès l'enfance, très pensives et introverties. Mais on ignore encore dans quelle mesure les facteurs d'ordre génétique, biologique, environnemental... influencent le trouble de dépersonnalisation-déréalisation.

Cette méconnaissance se répercute dans les soins apportés par les médecins et les psychologues. En effet, étant donné le manque de démarche thérapeutique spécifique, ces derniers considèrent ce trouble comme difficile à traiter.


Inspiré des travaux de Marco Canterino.



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