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Quand une expérience cruelle prouve que l'amour maternel est vital...


Au début du XXe siècle, on avait tendance à penser qu'un enfant bien nourrit et soigné avait toutes les chances de se développer normalement et de devenir un adulte sain, et que l'amour ou les sentiments n'étaient que secondaires. Aussi, de nombreux experts considéraient que l'éducation devait porter avant tout sur l'apprentissage de la discipline. D'ailleurs, ils conseillaient de ne pas prendre dans ses bras un bébé qui pleure, de ne pas embrasser les enfants, etc... afin de ne pas les gâter.

Cependant, l'expérience d'un psychologue (Harry Harlow) mit définitivement fin à cette vision selon laquelle la mère n'a qu'une fonction nourricière. En effet, il apporta la preuve que l'affection est tout aussi essentielle que la nourriture pour le développement de l'enfant. Paradoxalement, cette expérience a terriblement manqué d'éthique et ne serait plus acceptable aujourd'hui...


Quelle est donc cette expérience?

L'expérience de Harlow a consisté à isoler des macaques nouveau-nés et à leur proposer deux types de mère de substitution: soit une mère métallique, soit une mère en chiffon.Cette expérience a consisté à isoler des macaques nouveau-nés en leur proposant deux types de mère de substitution: l'une était une sorte de poupée en chiffon douce et chaude, dotée d'une fausse mamelle vide ; l'autre était une sorte de boîte en métal munie d'une tétine remplie de lait.
Ainsi, si seule la nourriture suffisait aux petits macaques, ces derniers devaient passer tout leur temps auprès de la mère métallique qui pouvait les allaiter.

Or, ce n'est pas du tout ce qu'il s'est produit. En effet, les petits singes ont passé le plus clair de leur temps auprès du mannequin doux et chaud et ne se sont approchés de la mère en métal que pour se nourrir, et ce, seulement après plusieurs jours. En outre, les bébés présentaient des signes d'anxiété et cherchaient sans relâche leur vraie mère.

Ainsi, par cette expérience particulièrement douloureuse, Harlow a prouvé que ce n'était pas la nourriture, mais bien le besoin d'amour qui déterminait l'attachement. D'ailleurs, ce besoin d'affection est si puissant qu'il conduit le nouveau-né à s'attacher à une marionnette sans expression.


Mais cette privation d'amour a-t-elle des conséquences sur le long terme?

Un bébé macaque (ou humain) qui grandit sans contact avec un adulte qui lui manifeste de l'affection, risque effectivement de développer de graves troubles psychiques à l'âge adulte et de ne pas être un parent attentionné. C'est en tout cas ce qu'il s'est produit pour les petits singes de l'expérience de Harlow, une fois devenus adultes. Plus précisément, ces macaques adultes souffraient de psychose autistique avec automutilation. De plus, les femelles se montraient très agressives envers les mâles, et dans le cas où celles-ci devenaient mères, elles maltraitaient ou ignoraient leur petit. Certaines ont même été jusqu'à le tuer!

Toutefois, l'expérience a aussi montré que si les petits macaques privés de leur mère pouvaient interagir avec un vrai singe, ne serait-ce qu'une demi-heure par jour, il grandissaient normalement, c'est-à-dire qu'il ne développaient pas de psychose à l'âge adulte.
Cette découverte a eu un impact considérable à cette époque, notamment dans les écoles et les orphelinats. En effet, on a alors compris qu'il ne suffisait pas de nourrir, loger et blanchir les enfants pour qu'il grandissent sainement: il était également essentiel de jouer avec eux et de les cajoler.


Inspiré des travaux de Harry Harlow et de Daniela Ovadia.



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