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Juillet 2011 (Mise à jour: Février 2015)

Le stress : signe d’une adaptation obsolète ?


Le stress est devenu un fléau des temps modernes. Il serait le deuxième problème de santé lié au travail, juste après les douleurs dorsales. Pourtant, le stress joue un rôle important lorsqu’une situation requiert une modification de notre comportement.


A quoi correspond le stress précisément?

Le stress correspond à un signal d’alarme lancé par le cortex préfrontal (la zone la plus évoluée de notre cerveau) lorsqu’il détecte une attitude non adéquate dans un contexte particulier. Ainsi, le cortex préfrontal utilise le stress comme message pour nous signaler la présence d’éléments irrationnels ou incohérents dans nos vies et nos comportements.

La difficulté majeure est alors de réussir à décoder ce message en faisant le lien avec les incohérences auxquelles il se réfère, car il faut bien reconnaître que ce message envoyé par notre cerveau est plutôt rudimentaire et ceci en raison d’une immaturité fonctionnelle. En effet, le cortex préfrontal est une zone cérébrale qui s’est développée très récemment à l’échelle de l’évolution des espèces. Cette aire cérébrale ne serait pas encore tout à fait mature et l’accès aux mécanismes de la conscience ne serait pas encore bien établi.
Par conséquent, le cortex préfrontal aurait recours au stress pour informer la conscience d’une incohérence susceptible de constituer un danger immédiat ou différé.


Quel est le rapport entre stress et adaptation?

Dans une situation quotidienne, nous fonctionnons en mode automatique, sans stress. Si notre cerveau détecte une incohérence, il le signale à la conscience en déclenchant une cascade de stress.Nous avons naturellement tendance à faire fonctionner ce que l’on appelle le mode conscient limbique (régit par la zone limbique du cerveau : le gyrus cingulaire). Il s’agit des pensées et des gestes automatisés, des routines en quelque sorte. Ce mode de fonctionnement, a le mérite d’être rapide, automatique et peu coûteux en attention.

Dans certaines situations et notamment lors d’un changement de contexte, le mode conscient limbique n’est plus adapté et peut même devenir néfaste. Par exemple, une réforme professionnelle ou sociale impose un changement important de contexte à des catégories professionnelles qui ont fonctionné durant une longue période sur le mode conscient limbique et qui doivent désormais cesser de fonctionner sur la base de leurs habitudes.
Sur le plan cérébral, le cortex préfrontal détecte la contradiction entre les habitudes acquises et les comportements attendus. Il le signale en produisant une bonne dose de stress, pour attirer l’attention sur le fait qu’il est nécessaire d’adapter ses conduites à des conditions nouvelles.


Comment réduire cette déferlante de stress?

Pour interrompre cette alerte envoyée par notre cortex préfrontal, il faut cesser de fonctionner en mode conscient limbique, c'est-à-dire arrêter de se reposer sur des routines et prendre en compte les changements environnants qui rendent ces habitudes inadaptées.
Il s’agit d’adopter un autre point de vue que le sien, ce qui requière de l’ouverture d’esprit, de la curiosité, de la logique... C’est donc le mode préfrontal (régit par le cortex préfrontal), plus lent, mais aussi plus flexible, plus analytique, plus nuancé qui est alors utilisé aux dépens du mode conscient limbique.
Aussi, le simple fait de rationaliser un problème, de prendre du recul sur une situation atténue le stress.


Inspiré des travaux d’Eva Jonville.



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