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Juin 2011 (Mise à jour: Février 2015)

Mémoire extraordinaire et autres prouesses


Daniel Tammet et Stephen Wiltshire sont deux autistes savants, pourvus d'une mémoire extraordinaire.Qui n’a jamais rêvé de posséder une mémoire sans faille? Pourtant, disposer de capacités mnésiques extraordinaires n’est guère utile au quotidien et serait même plutôt source de souffrance. En effet, l’oubli est la composante essentielle d’une mémoire fonctionnelle. Il permet de trier les informations utiles de celles qui ne le sont pas.

Des scientifiques ont étudié ce syndrome savant présent chez certains individus (le plus souvent des autistes). Ces derniers possèdent des compétences extraordinaires dans certains domaines, mais présentent des retards considérables dans d’autres domaines.
Ainsi, certains sont capables de déterminer le temps écoulé entre deux événements avec précision, d’autres peuvent résoudre des opérations complexes aussi rapidement qu’avec une calculatrice, d’autres encore possèdent des facultés incroyables pour la musique, la sculpture, le dessin (comme Stephen Wiltshire, autiste savant, qui possède une mémoire eidétique. Il est capable de reproduire à la perfection un paysage qu’il a vu peu de temps).
Ces capacités hors normes sont généralement accompagnées d’une mémoire prodigieuse, au point de pouvoir apprendre des livres par cœur en une seule lecture, d’apprendre une langue étrangère très rapidement. Daniel Tammet, autiste savant, possède cette compétence et décrit très bien la méthode particulière qu’il utilise pour étudier une nouvelle langue.


Comment explique-t-on ces prouesses cognitives?

Trois principales pistes ont été proposées pour expliquer le développement de telles capacités : l’approche génétique, l’approche cérébrale et l’approche sociale.
Tout d’abord, concernant le domaine de la génétique, des chercheurs ont mis en évidence des marqueurs qui distinguent les autistes possédant des compétences hors norme dans un domaine particulier, de ceux qui n’en possèdent pas.
Ensuite, l’approche cérébrale se base sur le fait que le syndrome savant se caractérise principalement par un souci exagéré pour les détails et des difficultés à envisager les choses dans leur ensemble. Cette caractéristique pourrait résulter d’un déséquilibre entre les deux hémisphères cérébraux, lié à des lésions de l’hémisphère gauche.
Enfin, la dernière approche met l’accent sur les effets de l’isolement social et sensoriel. L’existence d’une défaillance dans le filtrage des informations externes placerait la personne dans un monde chaotique où elle serait submergée par des stimulations innombrables et incessantes. Une telle situation pousserait l’individu à s’isoler, ce qui pourrait favoriser une focalisation intense sur des sujets précis.


Quels sont les importunités qui en découlent?

Les individus dotés de telles capacités mnémoniques, artistiques et de calcul présentent généralement d’importantes difficultés dans de nombreux autres domaines. La capacité à extraire les informations pertinentes et à rejeter les autres est leur principale lacune. Celle-ci risque, par exemple, de les empêcher de comprendre les textes qu’ils lisent, de planifier des tâches...


Inspiré des travaux de Sebastian Dieguez.



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