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Août 2014 (Mise à jour: Août 2014)

Quelle est l'étendue de notre vocabulaire ?


De l'enfance à l'âge adulte, nous ne cessons d'apprendre de nouveaux mots, même si nous en oublions aussi certains... Ainsi un grand écrivain tel que Balzac ou un adulte particulièrement cultivé pourrait atteindre un vocabulaire de plus de 50 000 mots communs, sachant que le Larousse en comprend environ 60 000!


Comment se développe l'acquisition du vocabulaire?

Selon une idée reçue, ce sont les plus petits qui enregistrent le plus de mots. Pourtant, les études menées montrent que ce n'est pas le cas, bien au contraire...

L'acquisition du vocabulaire s'accélère au fil de la scolarité de l'enfant, pour atteindre environ 26 000 mots en troisième.En effet, l'apprentissage des premiers mots débute vers l'âge d'un an et se poursuit assez lentement, pour atteindre un vocabulaire d'environ 300 mots à l'âge de 2 ans.

A vrai dire, c'est surtout à partir de sa scolarisation que l'enfant acquière un vocabulaire de plus en plus riche. En effet, entre 7 et 10 ans, l'enfant apprend en moyenne 1000 mots courants par an. Ainsi au CM2, un élève posséderait un lexique de 9000 noms en moyenne.

Puis, dès l'entrée au collège, s'ajoutent à cette acquisition lexicale, des mots techniques empruntés aux mathématiques, à la biologie, à l'histoire, à la chimie, etc... Ainsi, en cumulant l'acquisition de mots courants et des noms techniques, un élève de sixième posséderait en moyenne un vocabulaire d'environ 9500 mots. Et son lexique ne cesserait de croître pour atteindre environ 26 000 mots en troisième!

En bref, on peut dire que le vocabulaire d'un enfant double tous les quatre ans, au cours de sa scolarité.


Y a-t-il un lien entre le vocabulaire et l'intelligence?

Il semble en effet que l'étendue du vocabulaire soit associé au quotient intellectuel. Pourtant, ce lien entre intelligence et vocabulaire a longtemps été ignoré au cours de XXe siècle, car l'idée prédominante consistait alors à penser que l'intelligence générale était essentiellement liée aux capacités de raisonnement abstrait.

Pourtant, l'idée qu'il puisse exister un lien entre la richesse lexicale et la capacité de raisonnement abstrait semble cohérente. En effet, les personnes ayant de grandes capacités d'abstraction peuvent former des arborescences sémantiques complexes, qui leur permettent de classer des nouveaux noms dans des catégories bien structurées.
Aussi, l'arborescence est une véritable aide pour mémoriser de nombreux mots en les "rangeant dans des tiroirs". En effet, lorsqu'elle est bien ordonnée, la mémoire décuple ses capacités.


Inspiré des travaux d'Alain Lieury, de Stéphane Ehrlich, d'Agnès Florin et de Moïse Déro.



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