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Août 2014 (Mise à jour: Novembre 2015)

Les secrets de famille : faut-il les dévoiler ?


Tous les secrets de famille ne sont pas bons à révéler, contrairement à la croyance qui s'est développée dans les années 1970.La révélation des secrets de famille a longtemps fait débat et continue encore aujourd'hui à alimenter les réflexions de nombreux psychologues.

Longtemps, il a été vivement déconseillé de révéler les secrets de famille. Mais, à partir des années 1970, la tendance s'est inversée. Ainsi, on est passé du mutisme total à la transparence absolue. Aujourd'hui, on constate que finalement, tous les secrets ne sont pas forcément bons à dire et qu'avoir un jardin secret est important.


Pourquoi ne doit-on pas tout dévoiler?

Dans les années 1970, les mœurs ont considérablement évolué et de nombreux tabous se sont brisés. En outre, l'idée qu'un secret de famille pouvait avoir des répercussions négatives sur les générations suivantes, s'est répandu dans toute la société. Ainsi, l'adoption, le suicide d'un proche, certaines maladies, etc... qui étaient jusqu'alors tenus secret par la crainte d'une réprobation ou parce qu'il suscitaient la honte, n'étaient plus un tabou.

Alors, de nombreuses personnes se sont mises fouiller dans le passé de leurs ancêtres, à lire de vieilles lettres, à chercher des souvenirs dans leur grenier, etc... Et une discipline a même vu le jour : la psychogénéalogie. Selon cette approche, les événements traumatiques, les conflits et les secrets vécus par les aïeux d'un individu conditionnent les faiblesses et les éventuels troubles psychologiques de ce dernier. Aussi, la découverte de ces secrets participerait à la guérison.

Mais cette recherche effrénée d'anecdotes familiales est devenue malsaine. En effet, cette démarche consistait davantage à trouver des éléments susceptibles d'expliquer ses angoisses, plutôt qu'à s’intéresser sincèrement au quotidien de ses ancêtres et à leur parcours.
Ainsi, aujourd'hui, cette méthode est de plus en plus contestée et certains psychologues affirment que la psychogénéalogie n'est qu'une pseudoscience qui ne repose que sur des hypothèses. En outre d'autres estiment que toute vérité n'est pas bonne à dire et qu'il est indispensable de garder un jardin secret.


Alors y-a-t-il tout de même des vérités bonnes à dire?

Si le secret peut être essentiel à l'épanouissement de soi et pour le respect de ses ancêtres, il peut aussi devenir nocif dans certaines conditions. Il s'agit notamment des secrets qui concernent l'entourage directe d'une personne, souvent d'un enfant. Par exemple, ce peut être l'origine d'un enfant adopté, la maladie d'un parent, voire un conflit parental, etc...

En effet, le malaise que suscite ces vérités parfois gênantes, transparaît dans l'attitude des proches, malgré tous les efforts déployés pour la cacher. Car les enfants sont particulièrement sensibles et se rendent compte de cette gêne avant même qu'elle leur soit expliquée. Aussi, dissimuler certains faits peut provoquer des répercussions très graves et irréversibles lorsqu'ils leur sont révélés par une tierce personne.


Inspiré des travaux de Anne Charlet-Debray, de Serge Tisseron, de Nicolas Gauvrit et de Pierre Levy-Soussan.



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