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Mai 2014 (Mise à jour: Mai 2014)

"L'effet pleine lune" : mythe ou réalité ?


La pleine lune influence-t-elle notre humeur, comme l'affirme une croyance populaire? Pas si sûr si l'on en croit les résultats des expériences scientifiquesSelon une vieille croyance bien ancrée dans la psyché collective, les nuits de pleine lune influencent notre humeur et sont propices à la manifestation de phénomènes étranges, le plus souvent sinistres. Par exemple, l'idée que des hommes se transformaient en vampires ou en loups-garous était très répandue au Moyen-Age.

Encore aujourd'hui, nombreux sont ceux qui pensent que la lune perturbe nos comportements et que le nombre d'homicides, d'accidents, de suicides, d'attaques d'animaux, de comportements psychotiques, etc... augmente les soirs de pleine lune.


Mais pourquoi impute-t-on de telles influences pernicieuses à la lune?

La principale raison invoquée est la force gravitationnelle de la lune. Aristote a très certainement été le premier à suggérer cette idée. Plus précisément ce philosophe pensait que le cerveau était l'organe le plus humide du corps et par conséquent, le plus sensible à l'influence qu'a la lune sur les marées et sur l'eau en général.
D'ailleurs, cette suggestion a fait l'objet de plusieurs études scientifiques qui ont consisté à analyser l'action de la lune sur l'arrangement des molécules d'eau dans notre corps (lequel est tout de même constitué de 80% d'eau) et notamment dans notre système nerveux.

Or, les résultats n'ont révélé aucune influence de la lune sur notre organisme. En effet, l'effet gravitationnel de la lune est trop infime pour produire le moindre effet significatif sur notre activité cérébrale. En outre, la force gravitationnelle de notre satellite ne s'exerce que sur des masses d'eau telles que des lacs, des mers ou des océans; en aucun cas sur des sources d'eau confinées telles que le corps humain. Enfin, l'effet gravitationnel de la lune est toujours le même, quel que soit la phase de la lune.


Alors pourquoi cette croyance persiste-t-elle pour une grande partie de la population?

Il est vrai que, encore aujourd'hui, de très nombreuses personnes sont convaincues de "l'effet pleine lune", notamment celles travaillant dans les établissements de santé mentale. En effet, il n'est pas rare que des membres du personnel des services de psychiatrie notent une augmentation de comportements bizarres les nuits de pleine lune.
Pourtant, les analyses statistiques réalisées à grande échelle ne révèlent rien de particulier ces nuits là. En effet, il n'y a pas plus de crimes, de troubles psychotiques, de suicides, d'admissions aux urgences, etc...

En fait, les scientifiques appellent cela une corrélation illusoire. Il s'agit de la perception d'une association qui n'existe pas. Plus précisément, ces illusions découlent de notre tendance à mieux nous rappeler les événements qui confirment nos croyances et à oublier rapidement ceux qui ne sont pas conformes à nos convictions (aussi appelés non-événements).
Ainsi, si l'on reprend notre exemple du personnel hospitalier dans lequel de nombreux membres croient à l'influence de la pleine lune, en fait, ces soirs là ces soignants ont tendance à porter plus d'attention aux comportements inhabituels des patients. Ainsi, ils s'en souviennent mieux. Au contraire, les comportements ordinaires (ou non-événements) passent davantage inaperçus et ne sont donc pas mémorisés.
C'est ainsi que, en raison de notre mémoire sélective, nous percevons à tord une association entre la pleine lune et des comportements étranges.


Inspiré des travaux de Scott Lilienfield, de James Rotton et de Hal Arkowitz.



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