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Avril 2014 (Mise à jour: Mai 2014)

L'habit ne fait pas le moine... mais il fait le pouvoir !


La tenue vestimentaire d'autrui a une très grande influence sur nos jugements et nos comportements.De façon générale, l'habit véhicule des codes implicites qui influencent nos jugements et nos comportements. Aussi, certains vêtements tels que le costume et la cravate, le tailleur, ou encore l'uniforme, ont une influence plus marquée, notamment sur les comportements de respect.


Cet "effet costume" peut-il induire en erreur?

Nos jugements reposent le plus souvent sur des schémas préconçus, profondément ancrés dans les représentations collectives. Et, qu'on le veuille ou non, les éléments vestimentaires sont particulièrement propices aux stéréotypes.
C'est en tout cas ce que révèlent les études réalisées sur ce sujet. Globalement, les résultats des différentes expériences menées indiquent à chaque fois un avantage pour les personnes vêtues avec élégance. Voici quelques exemples:

  • Un voleur a moins souvent été dénoncé par les clients du magasin lorsqu'il était vêtu d'un costume et d'une cravate que lorsqu'il portait un jean et des baskets, et ce, pour le même délit.
  • Des mendiants (hommes et femmes) obtenaient plus d'argent en faisant la manche lorsqu'ils étaient bien habillés (costume et cravate ou tailleur et chaussure de luxe), que lorsqu'ils étaient vêtus négligemment.
  • Un enfant qui prétendait s'être perdu et qui demandait aux passants s'il pouvait téléphoner à ses parents, a vu sa requête acceptée dans 73% des cas lorsqu'il portait un pantalon à pince et une veste, contre seulement 47% des cas lorsqu'il était vêtu d'un jean et d'une veste à fermeture éclaire.

Ainsi, même les enfants ne sont pas épargnés par l'influence que l'apparence vestimentaire a sur notre attitude...


Comment expliquer une telle influence de la tenue vestimentaire?

Il semble que nous associons très fortement les qualités d'un individu avec la façon dont il est habillé. Par exemple, nous avons tendance à associer le costume et la cravate avec des personnes ayant un statut socio-professionnel élevé (par exemple, des banquiers, des avocats, etc...). De fait, lorsqu'un comportement n'est pas conforme à ces stéréotypes, nous cherchons une explication. Par exemple, pour le cas des mendiants habillés de façon très élégante, on peut supposer que les passants ont pensé qu'ils avaient perdu leur portefeuille ou qu'on leur avait volé. Tandis que pour les mendiants d'apparence peu soignée, les passants ont peut-être pensé qu'ils ne faisaient pas d'effort pour s'en sortir, etc...

En somme, le statut social est sans doute la principale dimension à transparaître dans l'apparence vestimentaire. De fait, les habits, mais aussi et surtout les uniformes, traduisent le pouvoir de la personne qui les porte. D'où l'incitation au respect, au soutien, voire à la soumission envers ces individus. En effet, mieux vaut éviter de contrarier quelqu'un qui aurait le pouvoir de se défendre, et surtout de se venger... D'ailleurs, la soumission à l'autorité est quasiment un réflexe chez l'homme...


Inspiré des travaux de Nicolas Guéguen, de Chris Kleinke et de Lidan Solomon.



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