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Juillet 2013 (Mise à jour: Mai 2014)

Faut-il punir les enfants ?


Le châtiment verbal et corporel comme méthode d'éducation sont devenus intolérable à partir de Mai 68. Pourtant, la permissivité ne semble pas non plus la bonne solution. Alors faut-il revenir à la punition?Les méthodes éducatives, et notamment les méthodes punitives, ont subi un bouleversement dans les années 1970. On peut même dire qu'il y a un avant et un après Mai 68 en ce qui concerne la punition:
Avant 1968, il était courant, voire normal, de châtier un enfant, que ce soit moralement ou physiquement. C'était une façon d'imposer des règles permettant de vivre dans une certaine harmonie en famille et plus tard en société.
En Mai 68, il est devenu interdit d'interdire. A partir de là, de nouvelles théories éducatives ont vu le jour, avec en tête, la doctrine psychanalytique de Françoise Dolto. Selon cette approche, punir, gronder, ou simplement contrarier un enfant risque de provoquer de graves troubles du développement. La punition est alors bannie.

Pourtant, loin de favoriser le développement affectif et intellectuel de l'enfant, la méthode permissive s'est au contraire très rapidement révélée source d'anxiété, d'agitation, d'intolérance, d'omnipotence, etc... en raison du manque de limites inculquées à l'enfant.


Quelles sont les différents modes éducatifs à l'heure actuelle?

Face à l’inefficacité de la méthode permissive et à la culpabilité de punir, de nombreux parents se sont sentis perdus. De fait, différents comportements parentaux sont apparus. Voici les plus marqués:

  • Les parents permissifs: l'enfant est au centre de leur attention et tout lui est dû. Aucune règle ne lui est imposée. Mais ce manque de limites tend à procurer à l'enfant une certaine insécurité et risque fort de l'empêcher, à l'adolescence, de se responsabiliser. De plus, la confrontation au monde extérieur risque d'ébranler l'ego infantile survalorisé par les parents.

  • Les parents négociants: chaque interdit est expliqué, discuté, démontré, etc... et donc soumis à l'approbation de l'enfant. Cette démarche est motivée par le besoin de légitimer l'autorité parental et de se faire pardonner d'une attitude contraignante. Mais cette méthode devient inefficace lorsque l'enfant grandit et commence à contre-argumenter. On assiste alors à des tergiversions, des marchandages interminables.

  • Les parents punitifs: la sanction n'est pas négociable et le châtiment corporel est même parfois employé. Mais attention, car la punition peut avoir des répercussions négatives lorsqu'elle est employée de façon systématique et avec trop de sévérité. En effet, une trop grande rigidité est néfaste pour le développement de l'enfant et peut aboutir au résultat inverse de celui escompté.

Alors quelle méthode éducative adopter?

Réussir à s'imposer sans faire souffrir son enfant est effectivement très complexe. Il s'agit en somme d'être ferme, sans être rigide. Pour cela, il est primordial d'être convaincu de la nécessité d'intervenir, c'est-à-dire de ne pas chercher à légitimer son autorité et de ne pas se culpabiliser. Car l'enfant sait quand il a mal agit et reconnaît au fond de lui que l'intervention de ses parents est justifiée.

Plus précisément, il faut répéter l'interdit, sanctionner fermement et calmement les comportements inadaptés et rappeler à l'enfant les conséquences de ses actes. Il est également important d'adapter les réprimandes en fonction de l'âge de l'enfant:
Avant 18 mois, il faut instaurer des règles de base afin de mettre en place certains automatismes chez le nourrisson. Par exemple, ne pas ramasser les objets qu'il fait tomber volontairement, ne pas satisfaire tous ses désirs, ne pas intervenir instantanément dès qu'il pleure, etc...
Après 18 mois: l'enfant peut commencer à acquérir des normes de vie. Il doit se confronter au principe de la réalité. Ainsi, les conduites inappropriées doivent être réprimandées. Et souvent, un "non !" ferme a plus d'impact qu'une tape sur la main. Enfin, des sanctions telles qu'une mise à l'écart dans sa chambre, ou une privation de loisirs (par exemple, la télévision, une sortie, un jeu, etc...) peuvent être efficaces à condition qu'elles ne soient pas différées.

Malgré tout, il faut bien admettre que cet équilibre entre amour et autorité reste bien délicat...


Inspiré des travaux de Anne Charlet Debray.



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