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Mars 2013 (Mise à jour: Août 2016)

La prise de risque chez les adolescents: un cerveau trop sensible


Excès d'alcool, conduite automobile risquée, prise de drogues... De tels comportements ordaliques sont souvent associés à l'adolescence. Ces adolescents et jeunes adultes ont-ils vraiment conscience des risques qu'ils prennent? Ou bien est-ce surtout les sensations fortes qui les attirent?
L'analyse de l'activité cérébrale d'adolescents prenant une décision risquée apporte quelques éléments de réponse...


Quel est le lien entre le cerveau et la prise de risque?

Lors d'une prise de décision, nous anticipons les conséquences de nos choix afin d'évaluer leurs risques. Ainsi, en fonction de la probabilité et du niveau des pertes et des gains potentiels, nous optimisons nos choix.

Le cerveau détecte nos erreurs de prédiction. Ce circuit est plus sensible au cours de l'adolescence.Une fois nos décisions mises à l'épreuve, nous constatons si nos prédictions étaient juste ou non. Et ce constat implique l'activation d'un système cérébral constitué du cortex préfrontal ventrolatéral, du striatum et du cortex pariétal. Ce système est nommé circuit de détection des erreurs de prédiction.


Est-ce ce circuit cérébral qui est mis en cause dans les conduites ordaliques chez les adolescents?

Effectivement, il apparaît que le circuit de détection de l'erreur de prédiction est beaucoup plus sensible chez les adolescents, que chez les enfants ou les adultes.
C'est-à-dire que si l'adolescent, suite à une prise de risque tout à fait consciente, constate que sa prédiction est déjouée. En d'autres termes, il s'attendait à perdre, mais finalement il gagne! Son circuit de détection des erreurs de prédiction va alors s'activer de façon excessive, lui procurant une sensation de plaisir intense.

Par exemple, en conduisant en état d'ivresse et/ou à vitesse excessive, le jeune adulte sait que la probabilité d'être sévèrement sanctionné, voire de provoquer un grave accident, est très importante. Or, si contre toute attente aucun événement négatif ne se produit, son cerveau va détecter une erreur de prédiction et s'activer intensément. De fait, un immense plaisir va envahir l'adolescent.

C'est donc cette hyperactivité cérébrale qui incite beaucoup d'adolescents épris de sensations fortes à se placer en situation de risques, trop souvent mortels...


Inspiré des travaux de Jessica Cohen.



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