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La définition de Aide



Le comportement d'aide

Il s'agit d'un comportement qui consiste à apporter une assistance à d'autres personnes dans des situations quotidiennes ou à porter secours à une victime dans des situations d'urgence (par exemple dans des accidents ou des agressions).
Le concept de comportement d'aide est à distinguer de celui d'altruisme. En effet, un comportement est altruiste s'il est volontaire, s'il est adopté dans le but qu'une autre personne en bénéficie, et s'il est émis comme une fin en soi et non pour en retirer une conséquence positive. Cependant, un comportement d'aide peut être altruiste ou égoïste selon les motivations de l'aidant.


Le rôle des facteurs externes dans le comportement d'aide

Un comportement d'aide peut être spontané ou non. Dans le cas d'une aide spontannée, il s'agit des comportements adoptés en réaction à une situation non prévue. Dans le cas d'une aide non-spontanée, il s'agit de comportements adoptés dans le cadre de situations activement recherchées par l'aidant.
C'est surtout l'aide spontanée qui a retenu l'attention des chercheurs, et plus particulièrement l'aide fournie dans des situations d'urgence. Aussi, cette réflexion a débouché sur des questions relatives à la passivité des spectateurs confrontés à de telles situations. Tout a commencé par un fait divers dramatique survenu en 1964 à New York: une jeune femme fut poignardée par un agresseur alors que 38 de ses voisins observaient la scène de leur appartement. Bien que l'assassinat ait duré plus d'une demi-heure, aucun de ces voisins n'intervint ni n'appela la police. Des recherches réalisées pour comprendre ce phénomène ont montré que l'absence d'aide peut paradoxalement être une conséquence du nombre élevé de spectateurs. En effet, dans diverses situations mises en scène par les chercheurs (crise d'épilepsie simulée, accidents, vols, etc...), on a pu constater que plus le nombre de personnes présentes et susceptibles de fournir l'aide était élevé, moins cette aide était fournie.
Les raisons de cet effet sont liées au niveau de responsabilité ressentie par chaque assistant et à l'ambiguïté de la situation. D'une part, plus les spectateurs sont nombreux, plus la responsabilité de chacun est diluée par le nombre. D'autre part, lorsque la situation est ambiguë, chacun peut interpréter la passivité des autres comme une indication du fait qu'aucune aide n'est requise. Par contre, dans une situation où le besoin d'aide est clair, et où il est évident que l'on est responsable du fait que l'aide nécessaire soit apportée, la plupart des gens sont capables d'apporter le secours nécessaire même s'ils croient devoir pour cela courir eux-mêmes un danger. Ainsi, l'adoption d'un comportement d'aide dépend largement des facteurs situationnels sociaux, extérieurs à l'acteur.
Cependant, d'autres facteurs jouent aussi un rôle important. Ainsi, les normes, c'est-à-dire les règles de conduite en vigueur dans une société donnée, interviennent également:

  • La réciprocité: c'est une norme puissante. Elle pousse les gens à aider ceux qui les ont aidés volontairement.
  • La norme de justice: elle incite à aider autrui, surtout si cet autrui est perçu comme méritant d'être aidé.
  • Les modèles présents dans une situation: ils peuvent aussi jouer un rôle, surtout s'ils paraissent semblables à soi.
  • Les caractéristiques de la victime: un observateur sera davantage susceptible d'aider une personne au physique jugé agréable.
  • Le sentiment d'appartenir au même groupe: le sentiment de partager la même identité sociale que la personne à aider a également un effet favorable. D'ailleurs, l'aide est plus facilement fournie entre membres d'une même famille, ou entre amis. Une exception, toutefois: les gens sont plus réticents à aider un ami qu'un étranger dans une tâche si celle-ci appartient à un domaine important pour l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes. Leur crainte est en effet que l'ami ne fasse alors mieux qu'eux-mêmes dans ce domaine.

Le rôle des facteurs internes dans le comportement d'aide

En ce qui concerne les facteurs internes aux aidants potentiels, un premier constat est que de tels facteurs sont sans doute moins puissants que les facteurs externes.
Ainsi, John Darley et Daniel Batson ont mis sur le chemin de séminaristes une personne victime d'un malaise. Le besoin d'aide était quelque peu ambigu, facteur dont on connaît l'importance. La moitié des séminaristes avaient en tête la parabole du bon Samaritain, car ils allaient justement faire un exposé sur ce sujet. L'autre moitié avait préparé un exposé sur un thème sans rapport avec l'aide. Les chercheurs s'étaient arrangés pour qu'une partie des séminaristes se croient en retard pour leur exposé, tandis que les autres croyaient avoir tout leur temps. Finalement, l'aide dont bénéficia la victime fut fonction du temps dont disposaient les séminaristes, et pas du tout fonction du modèle qu'ils avaient en tête.
Cela ne signifie pas pour autant que les facteurs internes tels que les valeurs ou la personnalité des personnes soient totalement inopérants. Par exemple, des personnes qui croient que le monde est juste aident davantage que les autres. De même pour celles qui ont un sentiment plus aigu de responsabilité sociale, ou encore qui croient que ce qu'elles sont et font a un impact important sur ce qui leur arrive. Un facteur interne particulièrement effectif est la capacité d'empathie des personnes. Il s'agit de la capacité de ressentir ce que vit une autre personne un peu comme si on le vivait soi-même, tout en gardant conscience du fait que l'on est distinct de l'autre. Ces variables de personnalité ne permettent pas de prédire le comportement d'aide dans toutes les situations. Ce sont surtout les volontaires qui s'engagent dans des actions d'aide à long terme qui se distinguent par une personnalité altruiste, incluant l'empathie, les attitudes positives envers soi et les autres, les normes morales intériorisées et la stabilité émotionnelle. Par exemple, les personnes qui ont sauvé des Juifs persécutés par les nazis se distinguent par une foi profonde en la justice et une grande capacité d'empathie. Parmi les facteurs internes moins permanents, on observe qu'une personne de bonne humeur est plus susceptible d'aider.
Parmi les facteurs internes, l'importance de l'empathie a suscité l'interrogation de nombreux auteurs sur le caractère effectivement altruiste ou, au contraire, égoïste de la motivation à aider. Pour certains, le comportement d'aide découle d'une analyse des coûts et profits de ce comportement. Notamment, l'aide à une victime souffrante serait motivée par le désir de faire cesser l'état désagréable que produit l'observation de la souffrance. La motivation serait donc finalement égoïste. Pour d'autres, l'aide découlerait d'un véritable souci de l'autre. De nombreuses études ont été réalisées pour départager ces deux conceptions. Ainsi, Daniel Batson, Bruce Duncan, Paula Ackerman, Terese Buckley et Kimberly Birch ont montré que des personnes douées d'empathie préfèrent remplacer elles-mêmes une victime qui paraît recevoir des chocs électriques douloureux plutôt que de fuir la situation, même si cette fuite est facile. Ces études, ainsi que les données ethnographiques et les analyses historiques confirment la présence des comportements d'aide et des préoccupations altruistes dans toutes les cultures. De fait, elles s'opposent à une vision exclusivement égoïste ou individualiste de l'humanité. En effet, elles montrent que l'homme est non seulement préoccupé du bien-être d'autrui, mais aussi qu'il est prêt à payer de sa personne pour s'en assurer.


L'aide sociale à l'enfance (ou A.S.E)

Il s'agit d'un service administratif départemental qui a pour rôle d'assurer aux enfants la protection et les conditions affectives et éducatives les plus favorables. Depuis les lois sur la décentralisation des années 1983 et suivantes, ce service public dépend du président du conseil général. Outre la gestion des foyers de l'enfance ainsi que des établissements spécialisés, l'A.S.E. a également dans ses attributions les placements familiaux et l'adoption des enfants juridiquement adoptables.


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