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La définition de Agitation


L'agitation désigne un comportement à base d'excitation psychomotrice, où peuvent se manifester l'agressivité, la colère, le théâtralisme, l'érotisme, la violence, l'anxiété, etc... En d'autres termes, il s'agit d'une expression émotionnelle et motrice d'un état d'inadaptation grave et actuelle, et qui dépend à la fois d'une structure psychopathologique particulière et de conditions environnementales défavorables.


L'agitation et l'urgence psychiatrique

On peut décrire autant de types d'agitation que de maladies mentales en cause. Les cadres les plus fréquents de l'agitation sont les états anxieux, confusionnels, déficitaires, psychopathiques, maniaques, schizophréniques, épileptiques, hystériques et alcooliques. Cependant, l'agitation ne se déclenche, généralement, que dans une situation particulière. Le plus souvent, celle-ci est en rapport avec l'intolérance du milieu au patient, ou avec des conditions de vie pénibles, voire insupportables pour ce dernier, que ce soit chez lui ou à l'hôpital. C'est pourquoi l'agitation accompagne souvent l'urgence psychiatrique. Elle est à la fois sa cause et sa conséquence, et apparaît comme la manifestation principale de la folie à interner.


La place de l'agitation dans l'histoire du traitement de l'aliénation

Fou et agité se sont tellement confondues depuis le début du XIXe siècle jusqu'à la première moitié du XXe, que l'agitation est apparue comme le symptôme le plus important que doit traiter l'aliéniste. Jean-Baptiste-Maximien Parchappe écrivait en 1853 que depuis que « l'on a commencé à s'occuper des conditions spéciales d'habitation pour les aliénés, l'agitation était considérée comme l'état en quelque sorte habituel de l'aliéné, et l'asile d'aliénés a été exclusivement, ou presque exclusivement, constitué par une série de cellules en nombre à peu près égal à celui des malades ».
L'effort thérapeutique aura donc comme principal but la sédation de cette agitation. C'est pourquoi les médicaments neurosédatifs seront de loin les plus utilisés en psychiatrie. Ce n'est qu'au début des années 1950 qu'on a réalisé que l'agitation pouvait être provoquée et entretenue par l'institution asilaire elle-même. Dans sa thèse sur le Traitement collectif dans un quartier d'agités, Philippe Paumelle montrait que la « modification de l'atmosphère générale du pavillon » permettait le plus souvent de calmer l'agitation des malades, et pouvait conduire progressivement « à la disparition totale du quartier d'agités, en même temps que la transformation de tout l'hôpital ». Mais c'est aussi à cette époque (1952) qu'on commence à utiliser le premier des neuroleptiques, la chlorpromazine. Ce médicament a un effet sédatif puissant sur l'agitation. Il en est de même de tous ses dérivés si largement employés de nos jours.


L'usage des neuroleptiques

Ainsi, l'usage des neuroleptiques a fait oublier la question, bien embarrassante, de la naissance et de l'entretien de l'agitation par les structures mêmes de l'institution psychiatrique. On sait, de nos jours, prendre en charge aussi bien les éléments contextuels déclenchants que l'accès lui-même par une prescription médicamenteuse appropriée. D'ailleurs, certaines molécules se sont même positionnées comme spécifiques du traitement de l'agitation (l'halopéridol, la lévomépromazine, etc...).


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