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La définition de Activation


En psychologie générale, la notion d'activation désigne un processus hypothétique.


L'activation en psychologie

Mais l'usage en psychologie générale la notion d'activation est, malgré tout, largement utilisée de façon hypothétique dans toute une famille de modèles de psychologie cognitive. Cette modélisation repose sur les idées suivantes:

  • Etant donné des entités (elles-mêmes hypothétiques) telles que des procédures ou des représentations cognitives, on peut supposer que celles-ci peuvent exister en étant dans deux états différents: un état inactif ou un état actif.
  • On ajoute généralement l'hypothèse que, dans le cas l'état est actif, il peut exister des niveaux plus ou moins élevés d'activité: de fait, on n'a pas seulement deux états, mais une multiplicité.

On peut à partir de là faire des hypothèses sur les déterminants. L'hypothèse théorique majeure sous-jacente à ces modèles de psychologie générale est que des structures neuronales particulières correspondent aux entités psychologiques du modèle (par exemple des représentations mentales). Dans les modèles d'activation, les principales entités ou structures cognitives qui sont considérées comme susceptibles d'être activées sont des représentations cognitives (par exemple, des items lexicaux, des unités sémantiques, des images mentales, des schémas, etc...) et des structures d'exécution (par exemple, des règles, des procédures, des opérations, des stratégies, etc...). A partir de là, on peut inférer qu'une structure cognitive a été activée lorsque deux conditions primitives sont remplies:

  • La présence d'une situation pertinente, dont on suppose qu'elle détermine l'activation.
  • L'observation d'un comportement, et de certaines de ses caractéristiques, qui témoignent de l'activation et, le cas échéant, de son niveau.

Les situations pertinentes qui ont un caractère primitif sont les stimulus directs, c'est-à-dire qu'un stimulus visuel (tel qu'un oiseau réel, ou un dessin d'oiseau, ou des parties d'oiseau), est supposé activer la représentation perceptive correspondante.


Le phénomène d'amorçage

Plus intéressantes sont les situations de laboratoire dans lesquelles on tente d'inférer, en faisant varier les situations, la présence de niveaux différents d'activation. Une mesure comportementale souvent employée à cet effet est le temps de réaction ou de réponse. Un exemple caractéristique est le phénomène d'amorçage. Si, dans une tâche de décision lexicale, on présente un mot A (par exemple, docteur) précédé par un stimulus neutre, on peut observer un certain temps de réponse à A (le temps de décision), qu'on peut appeler t0. Si, maintenant, on présente ce même stimulus A précédé d'un stimulus B qui lui est sémantiquement apparenté (par exemple, infirmier), on observera un autre temps de décision, t1, à A. L'expérimentation montre que t1 est plus court que t0: ce résultat définit le phénomène d'amorçage.
Dans un modèle d'activation, on interprète ce fait en disant qu'une représentation cognitive telle que R(A) (ici la signification du mot docteur) s'est trouvée activée non seulement, de façon normale et primitive, par le stimulus pertinent A (le mot docteur), mais aussi, de façon anticipée, automatique et non consciente, par la présentation antérieure d'un stimulus apparenté, B (le mot infirmier). On considère que la représentation cognitive R(A) (la signification de docteur) a été indirectement préactivée par la représentation cognitive R(B) (la signification d'infirmier), qui avait elle-même été directement activée par son stimulus pertinent, le mot B.
Cette interprétation exige qu'on introduise une notion supplémentaire, celle de propagation de l'activation, c'est-à-dire de passage de l'activation depuis une représentation cognitive vers une autre, ici de R(B) à R(A).


L'activation en physiologie

En physiologie, l'activation correspond à l'augmentation du niveau d'activité du système nerveux central. Aussi, sur le terrain physiologique, il faut garder présent à l'esprit que l'importance du changement dépend de plusieurs facteurs:

  • La nature de la stimulation qui provoque ce changement.
  • La signification de la stimulation.
  • Le niveau d'excitabilité du système nerveux au moment de la stimulation.

Les indices physiologiques de cette activation sont nombreux. On les recueille aux niveaux central et périphérique (il s'agit, par exemple, de l'activité électroencéphalographique, du tonus ou des réflexes musculaires, du débit sanguin cérébral, de la fréquence cardiaque, de la réponse électrodermale, de la température centrale, etc...).
Par ailleurs, étant donné qu'il existe une relation entre le niveau d'activité centrale et le comportement, on utilise encore des indices comportementaux permettant de définir des niveaux de vigilance, tels que la performance à des épreuves dites de vigilance ou des réponses à des questionnaires d'auto-estimation de la vigilance.


La théorie de l'activation proposée par Lindsley

En 1951, Donald Benjamin Lindsley a proposé la théorie de l'activation après avoir constater une relation entre les comportements et l'activité électroencéphalographique observable lorsque ces comportements sont émis. Il ne s'agit pas d'une simple corrélation puisque la stimulation de la formation réticulée mésencéphalique (structure centrale dont la stimulation entraîne une activation généralisée d'un grand nombre de structures cérébrales) est suivie de modifications comportementales dont l'intensité est fonction de l'intensité de la stimulation. De fait, on peut déclencher des comportements d'attente, d'excitation ou de rage. A l'inverse, la destruction de cette structure activatrice entraîne des comportements d'apathie ou de sommeil. Selon la théorie de l'activation, le comportement dépend donc du degré d'activité réticulaire.


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